Deux équipes du Centre de recherche en myologie, une double reconnaissance : quand le label FRM consacre une dynamique scientifique commune

Recevoir un label Team FRM constitue déjà une reconnaissance forte pour une équipe de recherche. En obtenir deux, au sein d’un même laboratoire, relève presque de l’exception. C’est pourtant ce qui vient d’arriver à deux équipes dirigées par Antoine Muchir et Stéphane Vassilopoulos, dont les projets viennent d’être labellisés conjointement par la Fondation pour la recherche médicale (FRM).

Deux labels distincts, deux thématiques différentes, mais un point commun : une même exigence scientifique et une même ambition de faire dialoguer recherche fondamentale et applications médicales.

Une reconnaissance scientifique exigeante
Le label Team FRM n’est pas seulement un financement sur trois ans. C’est avant tout une validation scientifique à plusieurs niveaux. Les projets sont d’abord présélectionnés, puis évalués de manière approfondie par des experts internationaux avant d’être validés par un comité scientifique.
Pour les deux chercheurs, cette sélection représente bien plus qu’un soutien financier : elle marque une forme de reconnaissance institutionnelle et scientifique.
« La FRM, ce n’est pas juste un financement. C’est un gage de confiance et de qualité », souligne Stéphane vassilopoulos. « Être financé par la FRM, c’est aussi un tremplin pour la suite : cela donne une visibilité nationale et internationale et ouvre la voie à des projets européens de grande ampleur. »
Même constat du côté d’Antoine Muchir : pendant trois ans, le label permet de travailler avec une stabilité rarement accessible en recherche fondamentale, tout en étant évalué régulièrement par des experts. « C’est une reconnaissance, mais aussi une responsabilité : celle de produire des résultats solides, des publications, et surtout d’ouvrir des pistes thérapeutiques. »

Deux projets différents, une même logique scientifique
Si les thématiques diffèrent, les deux projets reposent sur une approche commune : comprendre en profondeur les mécanismes cellulaires pour mieux agir sur les maladies.
Antoine Muchir travaille sur le rôle du cytosquelette – en particulier le réseau de microtubules – dans les cardiomyopathies génétiques. Son objectif : comprendre comment ces structures microscopiques influencent la forme du noyau et le fonctionnement des cellules cardiaques, afin d’identifier des molécules capables de corriger ces anomalies.
De son côté, Stéphane Vassilopoulos s’intéresse aux mécanismes de mécanotransduction dans les cellules musculaires et à leur implication dans certaines myopathies. Son équipe a notamment mis en évidence un dérèglement de protéines clés capables de modifier l’expression génique dans les cellules malades.
Dans les deux cas, la stratégie est comparable : partir de la recherche fondamentale, comprendre les mécanismes moléculaires, puis tester des molécules déjà connues pour envisager des applications thérapeutiques.

Des liens scientifiques forts avec la recherche sur le cancer
Autre point commun majeur entre les deux équipes : leurs travaux sont directement connectés à des instituts de recherche impliqués dans la lutte contre le cancer.
Les collaborations de Stéphane Vassilopoulos incluent notamment des chercheurs travaillant à Gustave Roussy, où certaines des protéines étudiées dans les myopathies sont également connues pour être impliquées dans des mécanismes tumoraux. L’objectif est clair : établir un dialogue scientifique entre les maladies musculaires et les cancers afin d’exploiter des mécanismes biologiques communs.
Même logique du côté d’Antoine Muchir, qui collabore notamment avec des spécialistes du cytosquelette à l’Institut Curie. Là encore, les protéines étudiées dans les cardiomyopathies sont aussi impliquées dans certaines formes de cancer, ouvrant la voie à des approches transversales.
« Les protéines sur lesquelles nous travaillons ne sont pas spécifiques d’un seul tissu », explique Stéphane. « Ce sont des protéines présentes dans de nombreuses cellules. Comprendre leur rôle dans une maladie peut donc aussi faire progresser la recherche dans d’autres domaines, notamment le cancer. »

Une dynamique collective reconnue
Cette double labellisation ne récompense pas seulement deux projets individuels. Elle met en lumière la dynamique d’un laboratoire capable de développer des approches différentes mais complémentaires, avec un même niveau d’exigence scientifique.
Pour les deux chercheurs, cette reconnaissance marque aussi une étape importante : celle d’un changement d’échelle. Le label FRM donne une visibilité nouvelle, facilite les collaborations internationales et permet d’envisager, à moyen terme, des projets européens de grande ampleur.
Au-delà de la reconnaissance, c’est surtout une confirmation : celle que la recherche fondamentale, lorsqu’elle est rigoureuse et collaborative, peut devenir un levier concret pour comprendre les maladies et préparer les thérapies de demain.