Deux étudiantes de la Faculté de Santé de Sorbonne Université intègrent le cursus médecine-sciences de l’ENS
Deux étudiantes en troisième année de médecine à Sorbonne Université intègrent cette année le cursus médecine-sciences de l’École normale supérieure (ENS). Staša Zokić rejoint le département de biologie, avec un intérêt particulier pour les cellules souches, tandis qu’Alix Marion intègre le département d’études cognitives. Elles nous racontent leur parcours, leurs motivations et leurs ambitions.
Pourquoi avoir choisi le cursus médecine-sciences de l’ENS ?
Staša Zokić : Je suis originaire de Serbie et je suis arrivée en France il y a deux ans. Je suis actuellement en troisième année de médecine à Sorbonne Université. Depuis le début de mes études, je savais que je voulais également faire de la recherche. J’avais déjà intégré le cursus médecine-sciences de Sorbonne Université, mais j’ai découvert en janvier l’existence du cursus médecine-sciences de l’ENS.
J’ai décidé de tenter le concours, car c’est un cursus de grande qualité qui offre notamment beaucoup de liberté dans le choix des enseignements. Cet enseignement à la carte va me permettre de m’orienter vers un domaine qui m’intéresse particulièrement : les cellules souches.
Alix Marion : Je suis également en troisième année de médecine à Sorbonne Université. J’ai découvert ce cursus parce que je souhaitais depuis longtemps faire de la recherche, mais je ne me reconnaissais pas forcément dans une approche centrée sur la biologie. Je m’intéresse davantage aux sciences cognitives et aux neurosciences.
J’intègre cette année le département d’études cognitives de l’ENS. C’est une première pour une étudiante de ce cursus, puisque les étudiants en médecine-sciences étaient jusqu’à présent principalement accueillis en biologie.
Comment s’organisent ces études entre médecine et recherche ?
Alix Marion : Cette année, nous poursuivons notre troisième année de médecine tout en suivant à l’ENS des enseignements qui correspondent à un équivalent de Master 1. À l’issue de cette année, nous interromprons temporairement nos études de médecine pour effectuer un Master 2 de recherche à l’ENS.
Nous reprendrons ensuite nos études médicales et effectuerons une dernière année à l’ENS pour obtenir le diplôme de l’École.
Staša Zokić : L’ENS met en place des aménagements qui permettent de suivre les études de médecine en parallèle. C’est un parcours exigeant, mais cette organisation nous donne la possibilité de construire progressivement notre projet scientifique.
Qu’est-ce que votre parcours à Sorbonne Université vous a apporté ?
Staša Zokić : J’avais déjà intégré le cursus médecine-sciences de Sorbonne Université, orienté vers la recherche en biologie et l’ingénierie. J’y ai suivi des enseignements en biologie fondamentale, en biologie du développement et sur le fonctionnement des laboratoires de recherche. Ce cursus m’a donné de très bonnes bases pour poursuivre dans cette voie.
Alix Marion: Pour ma part, je n’avais pas suivi le cursus médecine-sciences en biologie, car je souhaitais m’orienter vers les neurosciences. J’ai donc choisi des unités d’enseignement d’initiation à la recherche dans ce domaine. À Sorbonne Université, les étudiants en médecine qui ne suivent pas le cursus médecine-sciences peuvent choisir différentes unités d’initiation à la recherche : neurosciences, immunologie, cancérologie… Cela permet d’avoir un premier contact avec le monde de la recherche, de découvrir différentes disciplines et notamment d’apprendre à lire un article scientifique. C’est important pour les futurs médecins, car ils doivent pouvoir comprendre et suivre les avancées de la recherche.
Quel avenir envisagez-vous après ce parcours ?
Staša Zokić : J’aimerais idéalement faire les deux : exercer la médecine et faire de la recherche. Beaucoup de médecins-chercheurs travaillent à la fois à l’hôpital et dans un laboratoire. C’est cette possibilité de croiser les deux domaines qui m’intéresse particulièrement. Après le Master 2, nous avons également la possibilité de poursuivre directement avec une thèse précoce. Je verrai donc au cours de mon Master 2 quelle voie je souhaite privilégier.
Alix Marion : J’aimerais également associer médecine et recherche, mais aussi faire de l’enseignement. Le parcours de médecin-chercheur permet cette pluridisciplinarité : soigner, mener des projets de recherche et transmettre ses connaissances.
Vous êtes deux jeunes femmes à intégrer un cursus particulièrement sélectif. Quel message souhaitez-vous adresser aux étudiantes ?
Alix Marion : Le directeur du programme nous expliquait qu’il y avait autant de femmes que d’hommes parmi les candidatures cette année, alors que les femmes sont aujourd’hui majoritaires parmi les étudiants en médecine. Pourtant, elles semblent encore hésiter davantage à s’engager dans des cursus scientifiques, malgré des compétences et des capacités tout aussi solides.
Staša Zokić : Il faut surtout tenter sa chance. Lorsque j’ai découvert ce cursus, je me suis moi-même demandée si je devais candidater. En tant qu’étudiante étrangère, je pensais que ma candidature serait peut-être plus compliquée.
Finalement, je pense qu’il est essentiel de ne pas se limiter soi-même. Il faut essayer. Si cela ne fonctionne pas, ce n’est pas grave : d’autres opportunités se présenteront. Mais si on ne tente rien, on ne saura jamais.
Comment se déroule le concours ?
Staša Zokić : La première étape est la constitution d’un dossier, avec notamment une lettre de motivation et des recommandations. Les candidatures sont généralement ouvertes au printemps. Il faut donc commencer à préparer son dossier suffisamment tôt.
Alix Marion : Les candidats admissibles passent ensuite plusieurs épreuves orales, notamment un entretien de motivation et une épreuve de lecture d’article scientifique. Il y a également des épreuves scientifiques.
Le cursus est sélectif : cette année, il y avait environ 70 à 80 candidatures pour une vingtaine d’admissibles et dix étudiants finalement admis dans le cursus sciences.
Quel conseil donneriez-vous à un étudiant qui hésite à candidater ?
Staša Zokić : De tenter sa chance. Même si on pense ne pas avoir le profil ou que l’on vient d’un parcours différent, il faut au moins essayer. C’est une opportunité qui peut changer beaucoup de choses pour la suite.
Alix Marion : De se renseigner sur les différentes possibilités qui existent : auprès de l’ANDCS (Association Nationale des Doubles Cursus en Santé), sur le site de l’ENS, ou encore en nous contactant directement. Il existe notamment d’autres possibilités de doubles cursus, comme le double cursus Médecine-Humanités.
Staša Zokić : Ne vous limitez pas avant même d’avoir essayé. Il y a de très bons étudiants à Sorbonne Université et de nombreuses possibilités. Il faut simplement connaître ces opportunités et oser les saisir.