Jubilé de diamant : chronique de 60 ans d’hôpital et d’université
En novembre prochain, la Faculté de Santé de Sorbonne Université et l'AP-HP Sorbonne Université célébreront soixante années d’une aventure hospitalo-universitaire exceptionnelle, traversée par des générations d’étudiants, d’enseignants, de chercheurs, de personnels administratifs et d’internes aux nuits trop courtes.
Tout commence au milieu des années 1960, avec la naissance des deux CHU de Saint-Antoine en 1965, puis de Pitié-Salpêtrière en 1966. Deux facultés qui se rejoignent trente-sept ans plus tard, en 2003, sous la bannière de la faculté de médecine Pierre-et-Marie-Curie, avant de former l’ensemble aujourd’hui connu sous le nom de Faculté de Santé de Sorbonne Université. À l’époque, on invente presque tout : la médecine universitaire moderne, les coopérations entre hôpital et faculté, et probablement aussi l’art délicat de courir d’un amphithéâtre à une garde sans perdre son stéthoscope.
Le programme du jubilé promet un savant mélange de mémoire, de savoir et de retrouvailles. Une exposition de photographies et de documents fera revivre les grandes heures des facultés et des hôpitaux : scènes du quotidien, figures marquantes, moments de crise, créations artistiques et même un détour par l’univers de Georges Perec, qui trouvera naturellement sa place dans cette géographie humaine des lieux et des vies.
Puis viendra le temps des conférences qui évoqueront les soixante ans d’évolution de l’université, de métamorphoses de l’AP-HP et de la faculté de santé. On parlera aussi recherche, formation, innovations médicales, vie étudiante et grandes premières hospitalières. Car un CHU, au fond, ce n’est jamais seulement un lieu de soins : c’est une petite ville dans la ville, avec ses rites, ses légendes, ses nuits blanches, ses passions et ses vocations.
Et comme tout jubilé digne de ce nom, la soirée se terminera autour d’un cocktail où les anciens compareront leurs souvenirs, où les plus jeunes découvriront que les doyens ont eux aussi été externes, et où chacun constatera, peut-être avec un léger vertige, que soixante ans plus tard l’hôpital universitaire reste un théâtre extraordinairement vivant.